Vers une souveraineté numérique : des députés européens plaident pour l’indépendance digitale au Parlement de l’UE, au-delà de Microsoft
Une fronde technologique secoue le Parlement européen. Des députés réclament une rupture nette avec l’omniprésence des solutions américaines, en particulier celles de Microsoft. Leur objectif ? Une indépendance numérique incarnée par des alternatives européennes robustes et souveraines.
Dépasser Microsoft : le Parlement européen face à sa dépendance technologique
Une trentaine de parlementaires de divers bords politiques ont formulé une demande claire. Ils veulent voir disparaître d’ici la fin de la législature l’ensemble des logiciels Microsoft, dont Office 365, utilisés dans les coulisses de l’institution européenne. Pour eux, ce n’est pas qu’une question de préférence mais une urgence stratégique. La dépendance à des géants américains freine la souveraineté numérique de l’Union. Dans un monde numérique où la moindre faille peut compromettre des pans entiers d’infrastructures, ne plus contrôler l’outil informatique, c’est s’exposer à un risque systémique.
À cela s’ajoute l’utilisation très ancrée de matériels de marques comme Dell ou HP. Le message est clair : il ne faut plus se contenter de remplacer uniquement les logiciels. Une véritable couverture souveraine doit toucher tout le matériel et les logiciels incrustés dans les systèmes. Cette demande s’inscrit dans une volonté de ne plus exporter des milliards d’euros en impôts vers des firmes hors de l’Europe.
Un appel à une migration vers des solutions 100% européennes
Parmi les alternatives proposées figurent des outils qui ont gagné en maturité technique sévère ces dernières années. Le navigateur norvégien Vivaldi, le moteur de recherche français Qwant, la suite e-mail suisse ProtonMail ou encore la plateforme de collaboration allemande Nextcloud sont mis en avant. Cette panoplie est loin d’être symbolique : elles sont conçues pour offrir sécurité et contrôle à l’utilisateur final.
En France, le projet OpenDesk est particulièrement souligné comme une vraie alternative viable à Office 365. Cette solution open source est susceptible d’assurer un fonctionnement stable et sécurisé tout en garantissant une indépendance vis-à-vis des technologies américaines. Pour les députés, la migration ne doit pas se limiter aux applications mais doit inclure le système d’exploitation Windows lui-même. C’est un sacré défi mais aussi une étape nécessaire.
Souveraineté numérique : un enjeu de sécurité et de continuité
Scanner le risque ne suffit pas, il faut construire une résilience active. Le problème avec la dépendance à des plateformes étrangères, c’est la portée insoupçonnée des interruptions possibles. Imaginez qu’une mise à jour soit bloquée à distance pour des raisons politiques ou commerciales. Qu’adviendrait-il alors du fonctionnement du Parlement ?
Cela va au-delà de la simple « panne ». C’est la continuité de l’activité qui est en jeu. Ceux qui conçoivent les infrastructures critiques vous le diront : une architecture solide ne suffit pas si on ne maîtrise pas tout le cycle de vie des composants et logiciels. Tester la résilience ne doit pas rester théorique. Il faut des scénarios, des simulations et des plans de secours.
Des mesures concrètes pour accompagner la transition
Les députés souhaitent aussi la création d’une cellule dédiée. Cette équipe rassemblerait élus et collaborateurs pour piloter le basculement vers des environnements numériques pleinement européens. L’objectif est ambitieux : libérer l’institution « de la menace que constitue la dépendance aux technologies étrangères » avant la fin de la législature.
Helmut Brandstätter, coordinateur de l’initiative, ne cache pas les enjeux. Il déclare que l’actuel environnement est « une vulnérabilité stratégique » qui peut être exploitée au cœur même de la démocratie européenne. Ce n’est plus une question d’anti-américanisme, mais de pragmatisme et de sécurité industrielle.
Un soutien de plus en plus marqué au niveau européen
Le plaidoyer des Eurodéputés s’inscrit dans un mouvement plus large. La France et l’Allemagne encouragent ces efforts, reconnaissant l’impératif d’une Europe moins tributaire des États-Unis dans le numérique. Le sommet de Berlin a même souligné la nécessité d’investissements massifs pour bâtir une infrastructure numérique autonome.
Face à ces revendications, Microsoft assure continuer à proposer « les solutions les plus robustes pour la souveraineté numérique ». Des garanties sont données quant à la sécurité et au contrôle offertes aux institutions européennes. Mais pour les élus, ce discours ne suffit plus. La souveraineté commence par la capacité à choisir des technologies indépendantes, pas simplement sécurisées.
Source: www.heise.de

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