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outils de surveillance au travail en France qui partagent vos clics avec Google, Microsoft et autres géants

Par Hugues , le 25 mai 2026 - 4 minutes de lecture

Les outils de surveillance au travail en France prennent une ampleur préoccupante. Neuf logiciels populaires, utilisés pour suivre l’activité des salariés, partagent leurs données avec de géants comme Google, Microsoft ou Meta. Ce partage va bien au-delà de la simple collecte de données internes.

Ces plateformes, vendues sur le marché européen, envoient une quantité étonnante d’informations à des tiers, sans que l’utilisateur en soit toujours conscient. Une pratique qui interroge fortement compte tenu de la législation française et des principes du RGPD.

Il est crucial de comprendre ce que ces outils transmettent concrètement, et pourquoi cela pose un vrai problème.

Des données sensibles envoyées à plus de 145 domaines tiers

Les neuf logiciels passés au crible — Apploye, Buddy Punch, Deputy, Desklong, Hubstaff, Monitask, Time Doctor 2, Vericlock et When I Work — sont tous disponibles en France. Leurs clients sont des entreprises européennes. Pourtant, leurs serveurs transmettent des informations personnelles à plus de 145 domaines tiers, au premier rang desquels figurent Google, Meta, Microsoft, LinkedIn, Yandex et AppLovin.

On ne parle pas simplement des clics ou des heures passées devant un écran. Les données envoyées incluent les noms, adresses email, et surtout des données détaillées d’activité. Ce type d’information peut révéler la productivité, les pauses, voire l’état d’engagement au travail.

Cela dépasse évidemment le simple contrôle nécessaire pour assurer un suivi professionnel.

Géolocalisation active même en arrière-plan

Un tiers des solutions testées va plus loin : la géolocalisation précise du salarié est collectée. Et pas seulement lorsqu’il utilise explicitement l’application. Les logiciels tournent en tâche de fond, suivant les mouvements sans que l’utilisateur ait conscience de cette collecte en continu.

Cette intrusion pose de sérieuses questions éthiques et techniques. La limitation à ce niveau est incontournable car elle entre directement en conflit avec la vie privée et les droits des salariés français.

Les exemples récents chez Amazon France et la sanction imposée par la CNIL donnent un aperçu clair du risque juridique encouru.

Le cadre légal français face à ces pratiques

Le RGPD tourne à la critique sévère lorsque les principes de minimisation ne sont pas respectés. Tout traitement doit se limiter au strict nécessaire, avec une base légale clairement établie. Il ne suffit pas de vouloir surveiller pour le faire, un consentement et une justification doivent exister.

Du côté du Code du travail, les restrictions aux libertés individuelles doivent être proportionnées. Toute collecte massive et non justifiée est illégale.

La CNIL a déjà statué que les captures d’écran en continu et la géolocalisation permanente sans possibilité de désactivation ne sont ni pertinentes, ni proportionnées.

Un précédent alarmant : Amazon France Logistique

En décembre 2023, Amazon France a été sanctionné par la CNIL à hauteur de 32 millions d’euros. La raison ? Une surveillance trop intrusive des salariés sur leurs performances, le suivi à la seconde des pauses, jusqu’au contrôle des scans de colis.

La sanction a été réduite à 15 millions en 2025 par le Conseil d’État, mais le manquement au principe de minimisation des données a été confirmé sans ambiguïté. Les neuf outils étudiés adoptent les mêmes méthodes. Sauf qu’ici, la transmission de données à des régies publicitaires tierces ajoute une couche de complexité encore plus grave.

Pour les salariés concernés, il reste possible d’exercer leur droit d’accès et de demander la liste des outils en place ainsi que le registre des traitements. Une démarche qui refroidit vite l’enthousiasme pour le bossware.

Source: www.01net.com

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Hugues

Hugues, a 39 ans et il est développeur web indépendant. Passionné de football, de running et de domotique il aime créer des petites applications pour mieux gérer son quotidien.

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