Microsoft a investi massivement dans Copilot, son assistant IA intégré à Windows 11 et à la suite Office. Après trois ans, le constat est alarmant : moins de 1 % des utilisateurs réguliers l’emploient. Ce chiffre révèle une inadéquation majeure entre l’outil et les attentes des utilisateurs professionnels.
Malgré une intégration poussive et un prix élevé, Copilot peine à séduire. L’ambition d’offrir un assistant IA incontournable pour les entreprises butte sur une adoption faible et un scepticisme grandissant. Cette stagnation témoigne d’un profond décalage entre la stratégie marketing et les usages réels.
Copilot, un assistant IA omniprésent mais peu utilisé
Copilot s’est retrouvé greffé partout : dans Word, Excel, Outlook, Teams et même dans la barre des tâches de Windows 11. L’effort pour populariser l’outil a été colossal, avec une présence imposée aux quelques 450 millions d’abonnés Microsoft 365. Pourtant, le taux de souscription à la version payante reste sous les 4,5 %.
Parmi ces souscripteurs, 20 à 30 % seulement ouvrent Copilot chaque semaine. Autrement dit, moins de 1 % des abonnés exploitent régulièrement l’IA. Un résultat famélique pour un produit censé révolutionner la productivité au travail. Microsoft a dû même retirer la marque Copilot de certains composants après les critiques.
Le prix, un obstacle important
Le coût élevé de Copilot ne joue pas en sa faveur. Pour les grandes entreprises, la licence complète coûte environ 28 euros par mois et par poste, en sus de Microsoft 365. Les PME paient un peu moins, autour de 19,60 euros, mais cela reste un surplus important.
En parallèle, Microsoft a augmenté les tarifs de ses abonnements standards Office. Résultat ? Les coûts globaux pour bénéficier pleinement de Copilot peuvent dépasser les 40 euros par poste. Ce niveau tarifaire, s’il veut être rentable, doit convaincre largement : or l’usage hebdomadaire montre le contraire.
Vers une reconnaissance tacite de l’échec
Un mémo interne de Jacob Andreou, vice-président chargé de Copilot, admet que l’outil doit “mériter d’exister”. Cette phrase trahit le doute profond qui règne en coulisses. L’extension payante peine à justifier sa valeur ajoutée alors que la version gratuite, Copilot Chat, capte l’essentiel des usages.
Pour compenser les limites de son moteur, Microsoft a intégré en 2026 des modèles issus d’Anthropic, un concurrent direct. Cette concession fait froid dans le dos : elle exprime un aveu d’impuissance technique. L’assistant peine à tenir tête à la concurrence croissante de ChatGPT, Gemini, Claude et d’autres IA plus agiles.
Copilot face à la concurrence
GitHub Copilot reste un des rares produits à tenir la cadence avec 4,7 millions d’abonnés payants, mais la montée en puissance de Cursor et Claude Code ne laisse pas Microsoft en position dominante. Le marché des assistants IA est devenu impitoyable et évolue vite.
Microsoft parie aujourd’hui sur le bundling pour réussir. L’idée : proposer Copilot à la fois dans les packages et comme un service intégré à Office 365. Un pari risqué, puisque la base installée n’en tire pas encore un bénéfice évident. L’adoption ne peut reposer sur un matraquage publicitaire ni sur la force du groupe seul.
Source: www.lesnumeriques.com

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