La Suisse fait un pas audacieux vers l’indépendance numérique. Deux branches du gouvernement rompent avec Microsoft 365 au profit d’openDesk, une suite open source. Ce choix reflète une volonté clair de reprendre le contrôle sur leurs données sensibles.
La Suisse trace sa voie face à Microsoft 365
La Chancellerie fédérale suisse et les Forces armées mènent une transition vers openDesk, une plateforme bureautique open source. Leur objectif ? Réduire la dépendance à Microsoft et sécuriser les flux d’informations. Ces 3 000 postes pilotes, sur un total de 47 000 employés fédéraux, concrétisent un projet stratégique.
Cette démarche dépasse le simple changement technique. C’est un symbole fort d’autonomie numérique. Le gouvernement suisse vise une souveraineté sans faille, particulièrement face aux enjeux d’espionnage et aux risques posés par le CLOUD Act américain.
OpenDesk, l’outil choisi pour une souveraineté numérique renforcée
OpenDesk s’impose comme une plateforme complète disponible via navigateur. Elle intègre messagerie, agenda, documents, présentations et conf call. Ce logiciel, développé en Allemagne, est déjà adopté par plusieurs institutions européennes, dont la Cour pénale internationale.
La plateforme est conçue pour fonctionner en parallèle à Microsoft 365. Cette coexistence évite une rupture brutale et donne le temps d’adapter les environnements. La priorité reste la résilience : openDesk est une solution de secours robuste, prête à prendre le relais si Microsoft devient indisponible.
Un scénario militaire accélère la transition vers l’open source
Le Cyber Command suisse avance à un rythme bien plus rapide pour sécuriser ses infrastructures. D’ici octobre, tous ses membres utiliseront openDesk. La sécurité militaire impose zéro tolérance face aux risques de compromission liés aux solutions américaines.
Pour cette unité, le temps presse car le modèle cloud de Microsoft 365 ne répond pas aux critères de confidentialité et d’intégrité. En particulier, ils craignent les obligations légales américaines qui obligent Microsoft à partager des données, peu importe leur localisation.
Le respect de la souveraineté numérique se traduit ici en actes concrets. Le Cyber Command cherche à éliminer toute dépendance critique, juridiquement ou techniquement, qui pourrait compromettre la sécurité nationale.
Défis et investissement dans une solution indépendante
Ce projet n’est pas une partie de plaisir. Il demande 9 millions de francs suisses pour sa mise en œuvre initiale. La plateforme doit être personnalisée, évaluée sur le plan sécurité et intégrée à un écosystème complexe où Microsoft règne en maître depuis des années.
Intégrer openDesk dans un parc informatique fédéral, c’est devoir composer avec une multitude d’applications adaptées à Microsoft. Mais la priorité est claire : construire un environnement fonctionnel et souverain.
La décision finale d’étendre ou non openDesk à l’ensemble de l’administration suisse dépendra des résultats du pilote. Ce n’est donc pas un échec ou un adieu précipité, mais une expérimentation pragmatique et très contrôlée.
Une tendance européenne vers l’indépendance numérique
La Suisse ne fait que rejoindre un mouvement plus large de plusieurs gouvernements européens. Beaucoup adoptent Linux et des suites bureautiques open source pour limiter la dépendance vis-à-vis des hyperscalers américains.
Open source rime désormais avec souveraineté. Ce modèle garantit une maîtrise complète, sans dépendre d’un fournisseur unique ou d’une juridiction étrangère qui pourrait couper l’accès aux services essentiels.
Cette transition à deux vitesses illustre les priorités différentes selon les secteurs. Tandis que les administrations civiles avancent doucement, les forces armées accélèrent leur mutation, en fonction de la sensibilité des données traitées.
Source: www.zdnet.fr

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