La Chine supprime Windows 10 de ses administrations au profit de solutions développées localement. Cette transition s’inscrit dans une volonté forte d’indépendance numérique. Pourtant, Microsoft affirme ne pas avoir été informé de cette décision.
La fin de Windows 10 China Government Edition dans les administrations chinoises
Windows 10 China Government Edition, une version spécifique développée par Microsoft en partenariat avec China Electronics Technology Group Corporation, est en train de disparaître. Cette édition était adaptée aux exigences de Pékin avec des fonctionnalités limitées et des mises à jour contrôlées par les autorités chinoises.
Déployée à partir de 2017, notamment dans les douanes et la ville de Shanghai, cette version devait garantir la sécurité et la souveraineté numérique. Pourtant, aujourd’hui, le gouvernement ordonne son retrait.
Un virage stratégique motivé par la sécurité et l’indépendance
Les inquiétudes en matière de sécurité des données sont clairement le moteur principal de ce choix. Pékin cherche à limiter les risques potentiels liés à la dépendance envers un système étranger, surtout américain. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques et de contrôle accru des infrastructures critiques.
Microsoft assure de son côté ne pas avoir connaissance d’incidents affectant cette version. La communication entre la firme de Redmond et la Chine demeure toutefois difficile et le flou persiste.
Des systèmes d’exploitation locaux en pleine montée
Kylin V10 et UOS, développés par des acteurs chinois comme Kylin Software et Tongxin Technology, prennent le relais. Ces systèmes, soutenus par Pékin, se veulent robustes et mieux adaptés aux exigences locales.
HarmonyOS de Huawei est aussi candidat, notamment pour les appareils équipés de puces Kirin. Cela illustre la volonté chinoise de renforcer son écosystème logiciel et matériel.
Les précédents d’un mouvement déjà engagé
Bien avant cette annonce, la Chine affichait clairement son orientation. Dès 2014, Windows 8 était interdit dans les marchés publics. En 2022, les agences centrales ont dû basculer vers du matériel local sous deux ans.
Ce feuilleton numérique reflète une stratégie étatique sophistiquée qui vise à protéger les données sensibles et renforcer la souveraineté technologique face à l’hégémonie américaine.
Un marché toujours important malgré tout pour Microsoft
Malgré ces ajustements dans le secteur public, Windows conserve une large base d’utilisateurs dans le grand public en Chine. En 2026, près de 88 % du trafic web chinois sur PC provient encore de machines sous Windows. C&M Information Technologies continue par ailleurs à commercialiser Windows 11 Home China.
Pour Microsoft, la Chine représente environ 1,5 % de son chiffre d’affaires mondial, un volume modeste. Ce retrait massif de Windows dans les administrations affecte surtout la symbolique et la stratégie plus que les revenus.
Des initiatives similaires émergent ailleurs, notamment en France
La volonté de s’affranchir des solutions américaines touchent d’autres pays. En France, par exemple, chaque ministère doit présenter des plans de migration vers Linux et des systèmes souverains. Cette démarche concerne plus de 2,5 millions de postes.
Le combat pour l’indépendance technologique est désormais mondial et s’appuie sur des solutions ouvertes, performantes et surtout contrôlables par les États.
Source: www.lesnumeriques.com

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