Retoucher une photo avec Copilot peut faire intervenir des personnes, pas seulement des algorithmes. Selon une enquête de 404 Media, des relecteurs humains examinent parfois l’image originale, la consigne de l’utilisateur et le résultat produit par l’IA. Des visages et des détails intimes peuvent donc leur être visibles.
Copilot : pourquoi des humains regardent certaines photos
Le dispositif concernerait l’outil de retouche d’images de Copilot, capable de modifier un portrait, d’effacer un passant ou de remplacer un arrière-plan. Des relecteurs compareraient la photo envoyée avec la version générée, puis évalueraient si l’IA a correctement suivi la demande.
Ce travail servirait à améliorer le modèle. Il est distinct de la modération des contenus interdits, même si les deux peuvent impliquer une vérification humaine. L’enquête évoque des centaines de sous-traitants et cite Prolific, une plateforme de micro-travail, parmi les voies de recrutement.
Des clichés transmis sans floutage signalé
Selon les témoignages rapportés, les images seraient montrées telles quelles, sans floutage des visages. Les relecteurs verraient aussi la consigne formulée par l’utilisateur, ce qui peut révéler le contexte de la photo.
Certains contenus décrits dans l’enquête sont particulièrement sensibles, notamment des demandes à caractère sexuel ou des images prises sans consentement. Un relecteur aurait signalé à sa hiérarchie un lot de photos prises sous des jupes. La retouche ajoute ainsi une donnée visuelle très personnelle aux informations déjà saisies dans un service en ligne.
Ce que Microsoft précise sur l’utilisation des images
Interrogée par 404 Media, Microsoft n’a pas contesté le principe de cette relecture. L’entreprise a renvoyé à ses conditions d’utilisation, qui prévoient l’usage de données pour améliorer ses produits et faire respecter son code de conduite.
La réponse ne précise toutefois pas si l’utilisateur peut refuser l’examen humain, combien de temps les images sont conservées, ni si elles sont anonymisées. Microsoft n’a pas non plus confirmé le nombre de personnes mobilisées. Pour l’utilisateur, ces zones grises comptent autant que la fonction de retouche elle-même.
Une controverse déjà connue dans les services vocaux
Le recours à des sous-traitants pour examiner des données personnelles rappelle l’affaire Siri de 2019. Des prestataires d’Apple avaient alors expliqué écouter des extraits audio parfois intimes ; Apple avait suspendu son programme après les révélations.
En France, une plainte déposée par la Ligue des droits de l’Homme en février 2025 a été suivie d’une enquête confiée à l’Office anti-cybercriminalité, révélée en octobre de la même année. D’autres services d’IA ont aussi été concernés par des enquêtes sur la relecture de conversations. Le point de vigilance est simple : une donnée envoyée à un service peut être examinée au-delà de l’échange avec la machine.
Source: www.01net.com

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