Les investissements dans l’intelligence artificielle s’envolent, et les géants technologiques commencent à davantage solliciter les marchés de la dette et des actions. L’ESMA alerte sur des valorisations tendues, dans un contexte financier plus fragile. Le risque pour Wall Street dépend désormais d’une question simple : ces dépenses produiront-elles des rendements à la hauteur ?
Dette des géants de l’IA : des investissements records en 2026
Amazon, Alphabet, Microsoft et Meta pourraient investir ensemble plus de 700 milliards de dollars en 2026, contre un peu plus de 400 milliards l’année précédente. Certaines projections dépassent déjà 1 000 milliards pour 2027. La course aux centres de données change donc d’échelle.
Le 10 septembre, l’ESMA a signalé des valorisations technologiques élevées et un décalage entre l’optimisme des marchés et un environnement macrofinancier plus fragile. Ce constat ne prédit pas un krach, mais il indique qu’un retournement de confiance pourrait provoquer des corrections rapides.
Des dépenses élevées, un rendement encore à démontrer
Les bénéfices des grands groupes restent solides. Mais le montant investi ne garantit pas que les futurs revenus suivront. « La vraie question porte sur le rendement du capital investi », résume Eric Bleines, directeur général adjoint de Swiss Life Gestion Privée.
Les financements externes prennent aussi plus de place. Amazon, Alphabet, Meta et Oracle avaient émis près de 200 milliards de dollars d’obligations début juillet, selon LSEG. Goldman Sachs évaluait à environ 250 milliards les émissions possibles en 2026 pour les cinq grands hyperscalers, Microsoft compris.
Wall Street face à l’endettement des groupes technologiques
Les bilans ne présentent pas tous le même niveau de risque. La dette à long terme d’Alphabet atteignait 98,2 milliards de dollars fin juin, contre environ 17 milliards fin 2025. Le groupe a aussi levé près de 85 milliards de dollars en fonds propres, un changement notable pour une entreprise longtemps habituée à restituer du capital à ses actionnaires.
Chez Meta, près de 25 milliards de dollars de dette ont été levés en mai. Le groupe n’a pas racheté d’actions au premier semestre et son flux de trésorerie disponible est tombé à 784 millions de dollars au deuxième trimestre.
Le risque boursier dépend des flux de trésorerie
Amazon porte désormais le budget d’investissement le plus lourd des quatre groupes cités, et son flux de trésorerie disponible sur douze mois glissants est passé dans le rouge. Microsoft, lui, conserve une forte génération de trésorerie malgré des investissements à des niveaux historiques.
Une baisse des revenus attendus pourrait donc peser sur les cours, mais aussi renchérir le financement des infrastructures. La dette ne fragilise pas Wall Street à elle seule : le point de bascule serait une combinaison de rendements décevants, de dépenses persistantes et d’un accès au crédit plus coûteux. Le signal à surveiller reste la trésorerie réellement produite par les investissements.
Source: fr.finance.yahoo.com

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